L’histoire du syndicalisme agricole fait partie intégrante de l’histoire de la société québécoise. C’est l’histoire d’un vaste mouvement social de modernisation de l’agriculture, de son adaptation au marché et de transformations nécessaires pour répondre à la forte poussée de l’urbanisation et de l’industrialisation. À la fin de la guerre, le début des années 20 amène surproduction, chute des prix, endettement des cultivateurs et exode vers les villes. C’est dans ce contexte qu’est fondée à Québec, le 2 octobre 1924, l’Union catholique des cultivateurs (UCC).

La plus ancienne des fédérations régionales

Le 24 juillet 1929, suivant l’esprit de l’époque, c’est sous le conseil moral du clergé que Joliette devient la première fédération régionale à être fondée. Les présidents des 14 cercles locaux de l’Union catholique des cultivateurs (UCC) de Joliette répondent ainsi à l’invitation de Mgr Joseph-Artur Papineau et M. Arthur Forest devient président de la nouvelle organisation.

Grâce à leur dynamisme et leur solidarité, les agriculteurs traversent la crise économique des années en se regroupant en coopératives pour transformer et commercialiser leurs produits. Le lait et le tabac sont alors les productions importantes de la région. L’Union fournit aux agriculteurs une force collective pour faire avancer auprès des gouvernements les dossiers importants pour leur développement. Les lois sur le crédit agricole (1931) et sur l’électrification rurale (1945) permettent au milieu agricole d’améliorer la productivité en ayant un meilleur accès aux outils et aux équipements modernes.

Au fil des ans, le concept des contrats collectifs, déjà en place en Angleterre et dans six provinces canadiennes, fait son chemin au Québec. En 1944, le congrès général de l’UCC demande officiellement une loi en ce sens, mais ce n’est qu’en 1956 que le gouvernement provincial accordera à la classe agricole la Loi sur la mise en marché des produits agricoles.

L’agriculture devient une profession spécialisée

À partir des années 60, les producteurs se donnent des outils répondant à leurs besoins spécifiques. Graduellement, les premiers secteurs spécialisés dans Lanaudière s’organisent : les œufs (1965), le lait (1965), le porc (1966) et la volaille (1966). Il faudra attendre la fin des années 70 pour que les autres secteurs approuvent majoritairement leur projet de plan conjoint. En 1964, le bureau de la Fédération régionale s’installe définitivement à Joliette au 110, Beaudry Nord.

En 1972, au sortir de la Révolution tranquille, l’UCC perd son caractère confessionnel et devient l’Union des producteurs agricoles (UPA). Elle acquiert alors la représentativité unique de la profession avec l’adoption de la Loi sur les producteurs agricoles. Au cours des années qui suivent, les producteurs de Lanaudière sont impliqués dans le développement régional, la consolidation des plans conjoints, la rémunération en fonction des coûts réels de production, l’établissement de programmes d’assurance récolte et d’assurance stabilisation des revenus.

La Loi sur la protection du territoire agricole (1978) fournit au milieu agricole un outil clé pour le développement de la zone agricole. Alors que le zonage agricole protège les sols en quantité, la qualité des sols, quant à elle, est assurée par l’implication des producteurs agricoles dans les démarches agroenvironnementales. Ainsi, les années 90 se caractérisent par l’implantation de nouvelles pratiques de gestion intégrée des ressources et l’utilisation de nouvelles technologies favorisant une agriculture durable. Avec la formation des premiers clubs-conseils en agroenvironnement au Québec (Bassin versant Ruisseau St-Esprit, Cogenor, etc.), les producteurs lanaudois furent particulièrement proactifs en cette matière.

Bientôt 90 ans d’action collective dans Lanaudière

En 2012, la Fédération inaugurait un agrandissement réalisé dans le but de consolider et développer le centre multiservice agricole, véritable carrefour de ressources au service des producteurs de Lanaudière. Les défis du futur sont nombreux: qu’on pense aux négociations de l’OMC, à la concentration dans le secteur de la transformation et de la distribution, à la biosécurité, aux changements climatiques, à la cohabitation agriculteurs et urbains, à la relève agricole, autant d’enjeux qui commandent des façons de faire novatrices.

En 2019, la Fédération fêtera son 90e anniversaire. À travers son histoire, l’UCC de Joliette, devenue la Fédération de l’UPA de Lanaudière, fut animée par des producteurs et productrices, des administrateurs et des permanents, qui chacun à leur époque ont contribué de leurs espoirs, de leurs rêves, de leurs visions avec comme principal outil, la force de leurs convictions, de leur persuasion, de leur solidarité et de leurs actions collectives.

Les présidents de la Fédération

Presidents FUPAL 1929-2014
0.2 MB
Date:24 août 2017

Damien Neveu (1924-1926) (représentant provincial UCC)
Adélard Chevrette (1926-1929) (représentant provincial UCC)
Arthur Forest (1929-1931)
Arthur Valois (1931-1933)
Joseph Marion (1933-1934)
Rosaire Aumont (1934-1938)
Ferdinand Contant (1938-1946)
Gérard Gauthier (1947-1956)
Aristide Pelland (1956-1969)
Napoléon Brien (1969-1970)
Bernard Boucher (1970-1977)
Bernard Duval (1977-1987)
Réjean Payette (1987-1996)
Annette Coutu (1996-2010)
Gilbert Mahieu (2010-2014)
Marcel Papin (depuis 2014)

Pour en savoir plus :

Coutu, H. 2004. J’ai 75 ans. Les mémoires de la Fédération de l’UPA de Lanaudière.
FUPAL, 1984. Pour que vivent bêtes et gens, Histoire de l’agriculture de la région de Lanaudière.
Kesteman, J.P. et al, 2004. Histoire du syndicalisme agricole au Québec, UCC-UPA 1924-2004.